9 janvier 2012
Classé dans Bibliothèques, Meubles, Mille idées de projets
Parmi les choses améliorables de ce monde, on peut sans doute compter le mobilier de bibliothèque. Le mobilier d’un lieu détermine pour beaucoup l’ambiance qui s’y trouve: c’est donc un aspect fondamental à ne pas négliger. Si on souhaite que les usagers de bibliothèques se sentent bien, il faut leur créer un contexte agréable et chaleureux, et éviter les meubles austères et intimidants. Les étagères métalliques peuvent sans doute se distinguer par leur bas prix et leur durabilité, mais avouons qu’elles évoquent davantage l’entrepôt que le «salon urbain».
À Montréal, les tables de travail ergonomiques en bois de la Grande bibliothèque, conçues par Michel Dallaire, ont de quoi séduire. Hélas, les bibliothèques noires et imposantes qui meublent les étages contrastent, par leur lourdeur, avec l’ambiance chaleureuse du mobilier en bois clair et des superbes chambres de bois qui composent l’architecture de la bibliothèque.
J’ai eu l’occasion de repenser à tout cela l’automne dernier, lors d’une séance de design participatif à laquelle j’avais été invité, pour un projet de nouvelle bibliothèque dans un arrondissement montréalais. La question du mobilier a été abordée, en particulier sous l’angle de la nécessaire flexibilité de l’aménagement intérieur. Mais aussi, avec la croissance des habitudes de lecture de livres numériques, on peut prévoir une diminution progressive des livres physiques, et donc du rayonnage. Comment les bibliothèques s’adapteront-elles à cette évolution, dont l’importance et la rapidité sont imprévisibles?
Sans doute inspiré par The Uni, j’ai proposé que l’on développe un concept de tablettes emboîtables. En décomposant ainsi le mobilier, on se donne un degré de liberté supplémentaire: la hauteur des bibliothèques peut diminuer ou augmenter dans le temps… et dans l’espace, permettant un aménagement à la fois flexible et dynamique.

Je n’ai pas la prétention d’avoir inventé le concept de bibliothèque modulaire: il en existe déjà de toutes les sortes, par exemple celle-ci que je trouve très bien. L’idée est d’adapter et déployer ce modèle en bibliothèque, et d’en profiter pour créer des meubles plus fonctionnels et esthétiques.
Dans le contexte d’une bibliothèque, on pourrait doter chaque tablette d’une puce RFID à laquelle on assignerait un numéro correspondant à sa position dans la séquence. Ainsi, chaque tablette connaîtrait celle qui la précède et celle qui la suit, ce qui permettrait de les agencer rapidement dans le bon ordre. Ceux qui font de la mise en page verront un parallèle avec les boîtes de textes liées entre elles qui permettent au contenu de circuler de manière fluide.
Enfin, dans les bibliothèques où les livres sont dotés de puces RFID, on pourrait imaginer que les tablettes disposent de capteurs leur permettant essentiellement de connaître leur contenu. Sur un petit écran disposé sur le côté, on pourrait afficher automatiquement l’intervalle des cotes Dewey correspondant aux livres présents sur la tablette. Ayant cela en place, on pourrait même se passer complètement de l’étiquetage sur la reliure des livres, réglant de ce fait même une autre abomination esthétique!
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9 janvier 2012
Classé dans Mille idées de projets

C’est le genre de projet qui existe peut-être déjà dans un coin reculé de notre vaste monde. Mais au cas où on aurait oublié de générer ce croisement entre Minecraft, Second Life, l’impression 3D et ce classique hobby qu’est le maquettisme, voici l’idée en quelques lignes.
Nous avons d’abord besoin d’un espace pouvant accueillir au moins quelques tables solidement ancrées. Notre communauté verra en ces tables autant d’îles luxuriantes, où on observera la naissance et le déclin de mondes fantastiques et de civilisations complexes.
Sur ces tables, on installera des structures bien physiques mais dont le sort sera entièrement laissé entre les mains d’une communauté virtuelle. Oeuvre artistique élaborée, expérience de vivre-ensemble miniature, ou pure folie?
Sur le web, on pourra acheter des terres au pied carré. Le propriétaire d’un lot pourra, s’il le souhaite, concevoir un modèle 3D de la structure qu’il aimerait y ériger, et nous en assurerons l’impression et le positionnement. S’il préfère, il pourra nous faire parvenir sa création par la poste, et nous l’installerons soigneusement.
N’ayons pas d’illusion: nous recevrons de tout et n’importe quoi, et notre somptueux monde ressemblera peut-être davantage à un marché aux puces qu’au travail minitieux de maquettistes passionnés.
Tout comme ses équivalents virtuels, ce monde physique disposera de sa propre économie. Les propriétaires de lots pourront les revendre à gros prix, ou essayer de générer des revenus en y érigeant de gros panneaux publicitaires.
Pour explorer cet univers, on permettra aux internautes d’y conduire des voitures téléguidées disposées de webcams, ou encore de se propulser en mini-deltaplanes. Ce ne sera sans doute pas un monde où il fera bon vivre, mais ce ne sera pas banal.
Pour ajouter une dimension supplémentaire, l’ensemble de cette installation — les tables, les maquettes, les petites voitures, les imprimantes 3D, les deltaplanes, les caméras, et tout le personnel — sera continuellement en exil, en tournée à travers musées, festivals et plateaux de télévision, sous les regards d’une humanité séduite par ce petit monde évolutif et incontrôlable.
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8 janvier 2012
Classé dans Espaces émergents
Avant la publication de mon article dans le dernier numéro du Bulletin des bibliothèques de France, j’ai eu l’occasion de partager mes réflexions sur les espaces émergents et les bibliothèques publiques, lors de deux conférences: une donnée dans le cadre d’une conférence-midi à l’EBSI le 16 novembre, et une seconde, adaptée de la première, donnée en guise de conclusion du Colloque sur les espaces émergents, que je coorganisais avec Simon Emmanuel Roux à l’occasion du Congrès sur les milieux documentaires le 30 novembre dernier.
Voici la présentation originale:
Et le schéma, sans doute incomplet, qui positionne les différents espaces d’accès au savoir et à la culture, et qui sert de fil conducteur à la présentation:

Autant à l’EBSI qu’au Congrès des milieux documentaires, le sujet a suscité un vif intérêt et de passionnantes discussions: je n’aurais pu espérer meilleure réception! Au plaisir de continuer à participer à cette réflexion collective en 2012!
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